Adèle Blanc-Sec
Il y a des soirées de printemps comme ça où il fait meilleur à être en terrasse à siroter un Martini....

Adaptée d'une série de bandes dessinées de Jacques Tardi, Les extraordinaires aventures d'Adèle Blanc-Sec est le dernier film de Luc Besson (scénariste, producteur et réalisateur).
Le film met en scène une femme d'action, Adèle Blanc-Sec, interprétée par Louise Bourgoin qui tient ici un de ses tout premiers rôles en tant qu'actrice principale, épaulée de Jean Paul Rouve et Nicolas Giraud entre autres personnages secondaires. Le film se veut sérieux et dramatique. Et c'est là que le bât blesse.

Etant fasciné par ce qui marche au States, The French Producer s'est dit que les adaptations Marvel avaient de la gueule et rapportaient du pognon. Et là, dans sa villa à Miami, il est tombé sur la BD d'Adèle Blanc-Sec. Il a feuilleté l'album sur le trône dans ses toilettes de 30m2. Puis il a ouvert son frigo, et en s'enfournant une part de camembert coûteusement importé de Normandie, la révélation! L'adaptation d'une bd du vieux continent façon hollywood, la French Touch d'EuropaCorp en plus. Le camembert de tout évidence était rance.
L'histoire
Sur un fond de drame familial que l'amour d'une sœur pousse à réparer, le paranormal et le fantastique prennent place. Afin de guérir sa sœur réduite à l'état de légume, Adèle Blanc-Sec part à la chasse au tombeau, afin de permettre à un professeur renommé de mettre en application ses recherches sur le retour à la vie des morts sur la momie du médecin personnel de Ramsès II. Entre temps le scientifique s'étant échauffé sur un œuf de ptérodactyle avec succès, ce dernier animal sème la panique dans le Paris du début du 20ème siècle. Par chance, l'homme qui aime en secret Adèle n'est autre qu'un chercheur du musée d'où s'est échappé le volatile, et il aidera sa bien aimée dans sa quête de la guérison de sa sœur.

Le film en détails
On s'installe, la bobine se met à tourner... pour ceux qui ont lu des critiques avant de venir on est assez sceptique, on tente de se rassurer en se remémorant les Léon, Grand Bleu et 5e élément qui n'étaient pas si mauvais et pourtant sabrés par la critique. Après tout Besson est peut-être juste un incompris dont les films salués par le public restent boudés par la presse spécialisée.
Le nom des acteurs défile, et déjà le malaise s'installe. La musique faussement pompeuse fait ressortir une certaine maladresse. Puis vient la visite du Paris de la Belle Epoque, le film commence à la Amélie Poulain, la voix off nous introduit l'histoire, on se dit "cool, ça va être bon"... ou pas.

Si l'on réussi à accepter les phénomènes fantastiques tel que le réveil d'un ptérodactyle grâce au mental et à quelques antiquités, le film peut être un bon moment de détente. Si ce n'est pas le cas, il sera source d'ennui profond. Il faut dire que le Paris de 1910 recréé dans le film ne se prête peut-être pas idéalement à un cadre pour le fantastique et le paranormal, et encore moins lorsqu'il n'est pas toujours bien maîtrisé.

Si l'étape du galopin dinosaure est franchie, reste ensuite celle de l'humour lourd obstiné et tâche qui imprègne le film. Le réalisateur en fait bien trop. Le film est gavé de blagues qui n'épargnent ni scène ni dialogue, même lors de l'entrée en scène de la soeur presque défunte. Alors bien sûr on rigole parfois, certaines blagues sont vraiment drôles, mais trop de blague tue la blague.
Pour ce qui est des personnages, ils se succèdent sans qu'aucun ne parviennent à nous convaincre du bien fondé de leur existence. Bien sûr leurs traits sont marqués façon début 20e, leurs oreilles décollées et leurs dégaines débonnaires mais ça pue le surfait bon marché. Comme l'humour, c'est gros, c'est gras, c'est lourd et obstiné.
Le film retranscrirait une France de la Belle Epoque fantasmée, mais point de fantasmes, juste des clichés carton-pâtes.

Pour ce qui est de Louise Bourgouin, comme à son habitude, elle est magnifique. Oui mais même ses nénés à l'air dans la scène du bain ne sauveront pas le film. Autant sur canal elle nous faisait rire, autant là, on découvre une palette d'émotion rachitique accompagnée de fausses blagues télescopées en veux-tu en voilà. Et même pour les "bon public", le sourire sera bien gavé d'ici là fin du film. Vague réminiscence d'Inidiana Jones dans le crâne de Besson, ce dernier a du se souvenir que dans les grands classiques des films d'aventure, on aime bien faire rire le mouflet. Mais là ça retombe juste comme un soufflet...
Points positifs?
Malgré le fait qu'on ne soit pas convaincu du bien fondé de l'existence de leur personnage, la prestation des acteurs est belle, on voit qu'il y a un réel travail derrière chacun. Certains font rire, d'autres sont attendrissants... Tous ont un univers à nous proposer, on ne peut pas nier leur talent mais on reste sur notre faim.
Au lieu de nous jeter du fantastique en plastique en pleine figure, l'accent aurait du peut-être être mis sur le scénario qui se révèle finalement assez plat et sur les personnages dont on attend encore bien plus.

En bref: un film dont on ressort sceptique. Si la recette de l'humour (léger!) sur fond de scénario sérieux et dramatique peut fonctionner, ce n'est clairement pas le cas avec du fantastique, ici en tout cas.
On se sent entre deux (voire trois): le film d'aventure, le film comique et le fantastique. Il y a un côté qui penche trop et qui brise l'équilibre qu'on attendait pour donner un résultat bien loin d'être harmonieux.
Une bonne détente mais pas vraiment à la hauteur de nos attentes.
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Alors les premières neiges ?
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Commentaires
superman1986
Dimanche 02 Mai 2010 à 17:45Excellent article qui retrace bien la vérité de ce film plutôt... moyen... (ha ha ha)
cott
Lundi 03 Mai 2010 à 17:40Le choc des titans, Adèle blanc-sec....Tu va voir que des films pourris? =)
Panda
Lundi 03 Mai 2010 à 18:29non heureusement je vais voir de bons films aussi mais c'est nettement moins drôle à commenter mon cher Polo ;)
Et puis pour le bien de sa santé je me dois de mettre en garde le peuple dauphinois contre les daubes du moment!